Le Parlement européen a débattu, aujourd’hui, du verdissement de la Banque européenne d’investissement (BEI). Pour Aurore Lalucq, eurodéputée de la délégation de la gauche sociale et écologique, la BEI doit mettre tous ses moyens pour protéger le climat et l’environnement, et cesser immédiatement de financer des énergies fossiles.

Début juillet 2019, la BEI avait approuvé 611 millions d’euros de nouveaux prêts en faveur de la transition énergétique, de la réduction des émissions de carbone et du développement accru des énergies renouvelables. Elle avait un projet solide, salué par les ONG, en s’engageant à cesser le financement des projets dans le domaine des énergies fossiles pour respecter les engagements pris par l’Europe lors de l’accord de Paris sur le climat.

La BEI a depuis largement rétropédalé suite à des pressions manifestes exercées par le secteur gazier et la Commission européenne, en introduisant des « échappatoires » pour l’industrie fossile, exceptions lourdes de conséquences. Entre autres amendements, le volet « transformation énergétique » du programme de la BEI a fait l’objet d’une inflexion substantielle : le texte mentionne désormais que les infrastructures de gaz pourront continuer à être utilisées pour s’éloigner du charbon dans les Etats membres au cours de la prochaine décennie, repoussant l’objectif de décarbonisation à 2050.

« Ce nouveau texte, affaibli, n’est plus du tout à la hauteur de nos espérances », s’inquiète l’eurodéputée en charge du Green New deal au sein de la délégation.

The Guardian publie ce jour même une enquête montrant que 20 entreprises sont responsables de plus d’un tiers des émissions de CO2 et de méthane dans le monde depuis 1965, révélant les conséquences dévastatrices des libertés prises par les multinationales.

« C’est inadmissible, nous ne pouvons plus décemment céder aux pressions des entreprises polluantes. La lumière doit être faite sur ces pratiques qui engagent le bien-être de millions d’individus », déclare Aurore Lalucq. « J’appelle l’ensemble des organisations et des membres du Parlement à soutenir le premier projet présenté par la BEI en juillet, le seul à même de tenir la promesse de sortir du financement pour 2020 », ajoute l’eurodéputée.

Enfin, alors que la BEI commence à flécher ses investissements vers des investissements à basse énergie, Aurore Lalucq alerte sur la nécessité de flécher les investissements verts dans le financement des infrastructures de transport : « Rien n’est fait pour le moment, nous devons financer dans les transports à basse énergie et ne plus financer des grands projets d’infrastructures dans l’aviation. J’appelle donc la BEI à continuer ses efforts dans ce domaine pour qu’elle devienne la banque qui supportera réellement les enjeux de transition écologique », conclut Aurore Lalucq.