Cette semaine, en commission des affaires économique et monétaire, j’ai présenté mon rapport sur le semestre européen 2020. Je défends, dans ce rapport, une stratégie économique sur le long terme pour que l’Europe lutte résolument contre le dérèglement climatique et les inégalités sociales. C’est un changement de cap qui implique une refonte profonde de la vision économique adoptée jusqu’à présent par l’Union européenne et la zone euro. C’est aussi l’occasion d’orienter et de coordonner l’ensemble de nos politiques économiques vers la transition écologique et sociale en intégrant des indicateurs environnementaux, de bien-être et de lutte contre la pauvreté sociale et environnementale. L’Europe doit clairement afficher un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre, et, compte-tenu de l’intégration de nos économies au niveau mondial, évaluer précisément notre dette environnementale, notre budget carbone, et le niveau de nos émissions importées. Il faut également que soit adopté en urgence une règle d’or pour les investissements publics qui permettrait de financer les services publics aux citoyens. La zone euro souffre depuis de nombreuses années d’une situation de sous-investissement public structurel. Investir dans la transition écologique et sociale, l’éducation, les infrastructures collectives, la santé, permettrait d’adapter nos économies aux enjeux contemporains, de créer de l’emploi, notamment dans les filières transitionnelles, mais aussi d’éviter les coûts inhérents au non-investissement.