Le Parlement européen a débattu hier avec la Commission et le Conseil de la révision du budget pluriannuel ainsi que des plans de relance économique pour l’après-2020 ; il adoptera une résolution ce vendredi 15 mai.

Pour la Délégation de la gauche sociale et écologique : « Il est essentiel de garantir que la nouvelle proposition de cadre financier pluriannuel sur laquelle travaille la Commission européenne protège les travailleurs et citoyens européens et investisse dans un Green New Deal ».

Aurore Lalucq, eurodéputée Place publique membre de la commission des affaires économiques et Pierre Larrouturou, eurodéputéNouvelle Donne, rapporteur Général du budget 2021, membres du Groupe S&D insistent : « l’ampleur de la crise sanitaire et de la crise économique sont tels que l’Europe aura besoin d’un budget ambitieux et d’un programme d’investissement massif. »

Pierre Larrouturou ajoute : « Nous avons besoin d’un changement de paradigme si l’Europe ne veut pas tomber dans une crise plus grave que celle qui a suivi 1929 : il nous faut un vrai Plan Marshall. Le premier Plan Marshall représentait jusqu’à 4 % du PIB des pays qui en ont bénéficié. Et, pour l’essentiel, ce Plan n’était pas sous la forme de prêts : pour l’essentiel, aucun pays n’a dû rembourser cet argent. »

Aurore Lalucq précise : « il nous faut un fonds de relance d’au moins 2000 milliards d’euros en plus du budget pluriannuel de l’Union européenne pour empêcher que les inégalités existantes au sein de la zone euro se creusent et fissurent tout l’édifice. Intervention directe de la BCE pour financer les États, aide de la BCE auprès des ménages et des entreprises, mécanisme de dette perpétuelle, annulation de dettes, eurobonds : toutes les pistes doivent être envisagées sérieusement ».

Pour Pierre Larrouturou : « À côté du fonds de relance, la nouvelle proposition pour un futur budget européen renforcé, attendu dans les jours qui viennent, devra être à la hauteur de la crise qui ne fait que commencer. Pour y arriver, il faut mobiliser au niveau européen des moyens qu’aucun de nos pays ne mobilisera seul : une taxe sur les transactions financières pour mobiliser 57 milliards € par an, et un vrai impôt européen sur les bénéfices de 5% seulement pour mobiliser 75 milliards € par an, selon des chiffres de la Commission elle-même, tandis qu’une taxe digitale ce serait 5 milliards et une « taxe plastique » 7 milliards. Avec ces nouvelles ressources, un vrai pacte européen de reconstruction et de résilience pour le Climat et l’Emploi est possible. »

« Ces 1 500 milliards d’euros devront être au service exclusif d’un Green New Deal, qui intègre également des programmes d’urgence pour lutter contre les catastrophes climatiques ou sanitaires, afin d’agir bien plus efficacement à l’avenir contre ce type d’événement », insistent les membres de la Délégation de la gauche sociale et écologique, et d’ajouter : « renforcer le cadre financier pluriannuel 2021-2028, c’est aussi doter l’Europe de ressources propres dynamiques, comme évoqué plus haut. On peut aussi ajouter une taxation sur le patrimoine des 1 % des Européens les plus riches : tous les instruments ont déjà été étudiés et ne demandent plus qu’à être mis sur la table ».

« Nous alertons également la Commission européenne sur l’importance de soumettre une proposition de plan d’urgence d’ici le 15 juin 2020, afin d’éviter une interruption des financements au 1er janvier 2021, si jamais l’approbation du budget à long terme devait être retardée », concluent les eurodéputés français S&D.